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Babeheaven – Jalisco une découverte playlist

Babeheaven semblait puiser ses racines dans un certain folklore et ne s’accorder que sur de rares points de rencontre, quelque chose d’assez comparable à une démo d’instantanés et d’arrêts sur image comme dans Making The Band sur MTV. Tout cela était vrai, bien sûr, mais pour un groupe dont l’évolution se compte en nombre d’années depuis son premier opus, il fallait quand même tout remettre à plat et se mettre à jour avant de passer à l’étape suivante de ce duo Ouest londonien du (Under the) Westway (ou des alentours), sur le point de devenir culte.«Et pourquoi on n’inventerait pas une nouvelle histoire ?», propose Jamie, aux manettes de la production et à la guitare solo dans le groupe, histoire de trancher avec les premiers pas de leur parcours. « Genre quoi ? »,rétorque immédiatement Nancy, la chanteuse principale.

En réalité, Nancy et Jamie sont les meilleurs potes du monde : un duo grinçant qui sait se chicaner à merveille, tant leur connaissance réciproque est absolue. Ils ont cette joie communicative et insouciante, cette franche hilarité qui ne peut naître que d’une complicité nourrie depuis plus d’une décennie.Leur passion pour la musique leur vient de leurs familles respectives. Du côté de Jamie, c’est son père qui l’a initié au rap américain, aux grosses productions, notamment Pete Rock,qui l’a inspiré et poussé à s’offrir un MPC pour sampler et programmer des beats, comme ceux qu’on entend généralement chez Babeheaven.

Quant à Nancy, c’est aussi son père qui l’a influencée, passant de membre d’un groupe de funk, à celui d’un groupe de soul, pour finir compositeur de jingles pour la télé (« Green planet, or whatever »).En effet, pour saisir toutes les ramifications et tous les centres d’intérêts hérités du patrimoine familial de Babeheaven, il ne faut faire l’impasse sur rien. Le duo travaille dans le même studio que celui où le père de Nancy compose ses jingles, en plein milieu d’un amas de vieux disques poussiéreux, de livres, d’étranges VHS, de guitares biscornues, de beaucoup de bazar, en somme.

C’est un endroit curieusement attachant, à quelques pas de Portobello Road, juste suffisamment loin et en tout cas pas du côté touristique, avec un petit escalier en colimaçon qui traverse chacun des trois étages du bâtiment.Et c’est là, dans cet immeuble baroque et singulier, qu’ils ont composé leurs premiers morceaux, comme « Friday Sky », « Your Love », « Heaven » et « It’s Not Easy ».Bien que relativement légères en apparence, ces chansons ont une profondeur toute personnelle, les deux dernières en particulier, car elles évoquent les décèsdes mères respectives de chacun des deux membres du groupe ; d’abord, la mère de Nancy, puis celle de Jamie. C’est sans doute pour cela que Babeheaven maîtrise avec une telle aisance l’équilibre des émotions, dans la veine de groupes comme les Cocteau Twins, et qu’ils sont aussi proches l’un de l’autre.

lors que le titre « Seabird » est sorti en début d’année, le prochain morceau de Babeheaven s’intitulera « Jalisco ». C’est un État du Mexique. Pourquoi l’avoir appelé ainsi ? « C’est juste que c’est de là qu’il vient », répond Nancy. Et donc la chanson parle de ce lieu ? « Pas du tout ! Je crois que les paroles n’ont rien à voir avec moi personnellement. Mais, dit-elle, cela parle du fait d’insister coûte que coûte pour tenter de faire fonctionner une relation qui semble vouer à l’échec ». « C’est assez tragique »,résume Jamie, dans un sourire. Et Nancy confirme : « C’est une tragédie ! »

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